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Alliance Abron–Agni-Djuablin : l’histoire d’un territoire partagé

Par Yaya Dembele
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Il y a plusieurs siècles, dans l’Est de l’actuelle Côte d’Ivoire, deux peuples voient leurs destins se croiser : les Abron du Gyaman et les Agni-Djuablin. Derrière le nom d’Agnibilékrou se cache une mémoire d’alliances, de guerres, de migrations et de fraternité encore vivante dans les traditions.

Le Gyaman face à Bouna

À cette époque, les Abron sont déjà solidement établis autour de Bondoukou. Leur royaume, le Gyaman, s’étend sur un vaste territoire. Mais cette expansion rencontre des résistances : à l’ouest, le royaume de Bouna n’accepte pas facilement leur progression.

Les affrontements commencent. Lors d’une nouvelle guerre, les Abron ont besoin d’alliés. C’est alors que les Djuablin entrent dans l’histoire.

Le soutien des Djuablin et la naissance d’une alliance

Selon la tradition, le roi agni de Dadiesso (dans l’actuel Ghana) aurait encouragé les Djuablin établis dans cette région à soutenir les Abron. Le prince Bredou Assamandjè prend la tête des guerriers djuablin et marche aux côtés des Abron.

Ensemble, ils affrontent les adversaires venus de Bouna. La victoire obtenue, une alliance plus profonde naît entre les deux peuples. Pour récompenser ce soutien, les Abron auraient accordé aux Djuablin un territoire où s’établir. Les villages se multiplient progressivement.

L’or de Basso, Essikasso et Agnibilékrou

Un événement donne ensuite une nouvelle importance à cette terre : la découverte de l’or aux abords de la rivière Basso. Attirés par cette richesse, des Djuablin quittent progressivement Dadiesso pour pratiquer l’orpaillage. Le lieu prend le nom d’Essikasso (ou Assikasso), traditionnellement associé à l’or.

Au fil du temps, la communauté djuablin s’organise. Le roi Agnini Bilé aurait établi Agnibilékrou comme centre politique du royaume djuablin. La ville devient le cœur du pouvoir.

Carte postale ancienne d’un tam-tam à Assikasso, cercle de l’Indénié
Un tam-tam à Assikasso (cercle de l’Indénié), carte postale du début du XXe siècle.
Photo : Gaston A. Renaud (1876-1924) / Wikimedia Commons, Public domain

Une mémoire encore vivante

Une ancienne tradition raconte qu’un homme conduit devant le roi d’Agnibilékrou répond : « Je suis Abron. » Le souverain ordonne alors de le relâcher — car être Abron rappelle l’alliance fondatrice entre les deux peuples.

Une autre tradition rapporte que le roi des Abron aurait assisté à l’intronisation d’un roi djuablin, pour rappeler publiquement ces liens anciens. Aujourd’hui encore, des témoins évoquent des gestes de respect mutuel liés à cette mémoire partagée.

Ainsi, l’histoire de l’Est ivoirien ne se réduit pas aux frontières administratives : elle se lit aussi dans les alliances Abron–Agni-Djuablin, transmises de génération en génération.

Source inspirante : Bondoukou Infos — « L’alliance entre les Abron et les Agni-Djuablin » (Facebook). Adaptation éditoriale BRON Magazine.

Photo de couverture : Bondoukou Infos

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