Mariages, intronisations, grandes fêtes : chez les Abron, le pagne Kentè accompagne les moments les plus importants de la vie. Tissé à la main, chargé de couleurs et de symboles, il est l’un des emblèmes les plus forts de la culture akan. Plongée dans l’univers de ce textile royal.
Un tissu né du savoir-faire akan
Le Kentè est associé aux peuples akan, notamment aux Ashanti, ainsi qu’aux Ewé. Certaines traditions attribuent aux Bono, ancêtres des Bron, un rôle ancien dans le développement du tissage dans le monde akan.
Sa particularité : il est tissé en bandes étroites sur un métier à tisser traditionnel. Les bandes sont ensuite cousues côte à côte pour former le pagne. Un grand pagne Kentè peut représenter de nombreuses heures, voire des semaines de travail.

Photo : daSupremo / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0
Les couleurs et leur signification

Photo : Warmglow / Wikimedia Commons, CC0
Chaque couleur porte un sens, selon des interprétations largement partagées dans le monde akan :
- Or / jaune : richesse, royauté, prospérité ;
- Vert : récolte, croissance, renouveau ;
- Rouge : sacrifice, lutte, force ;
- Noir : maturité, lien avec les ancêtres ;
- Bleu : paix, harmonie, amour ;
- Blanc : pureté, joie, victoire.
Les motifs eux-mêmes ont des noms et peuvent évoquer des proverbes, des événements historiques ou des valeurs morales.
Le Kentè dans la vie des Abron
- Mariage : les pagnes Kentè font partie des présents offerts lors de la dot. Découvrez notre article sur le Koko et la Dot en pays Bron.
- Royauté : rois, reines-mères et dignitaires le portent lors des cérémonies officielles.
- Fêtes et danses : il habille les danseurs lors des festivals et des célébrations culturelles.
- Grands événements familiaux : baptêmes, anniversaires, retrouvailles de la diaspora.

Photo : Kamara kolo rachelle / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0
Vrai Kentè ou imprimé ?
On trouve aujourd’hui beaucoup de tissus imprimés reprenant les motifs du Kentè. Ils sont plus accessibles, mais ne remplacent pas le Kentè tissé main. Pour reconnaître un véritable Kentè :
- les bandes cousues sont visibles ;
- le motif est tissé dans la fibre, identique sur l’endroit et l’envers ;
- le tissu est plus épais et lourd qu’un imprimé.
Acheter un Kentè tissé main, c’est aussi soutenir les tisserands et faire vivre un savoir-faire précieux.
Un artisanat à valoriser
Le tissage, comme la sculpture des tabourets traditionnels, fait partie des métiers d’art qui méritent d’être mieux connus et transmis aux jeunes.
Vous êtes tisserand, couturier ou artisan dans le pays Abron ? BRON Magazine souhaite raconter votre métier. Contactez-nous à amanien@bron-magazine.org.
Photo de couverture : Fquasie / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0
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