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Tontines, entraide et funérailles : la solidarité au cœur de la vie communautaire Abron

Par Yaya Dembele
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Dans le pays Abron, la solidarité n’est pas un vain mot. Tontines, travaux collectifs aux champs, cotisations pour les funérailles : la vie communautaire repose sur un tissu d’entraide qui a traversé les générations et s’adapte aujourd’hui aux outils modernes.

La solidarité, valeur cardinale du monde akan

Chez les Akan, l’individu n’existe jamais seul : il appartient à une famille élargie, à un lignage, à un village. Chacun a des droits, mais aussi des devoirs envers la communauté. Cette conception explique la force des mécanismes d’entraide encore très présents chez les Abron.

Les tontines : épargner ensemble

La tontine est l’un des outils financiers les plus répandus. Son principe est simple :

  • un groupe de personnes se réunit à intervalles réguliers ;
  • chacun verse une somme fixe ;
  • à chaque tour, un membre reçoit la totalité de la cagnotte ;
  • le cycle continue jusqu’à ce que tous aient bénéficié du pot.

Les tontines permettent de financer un commerce, des frais de scolarité, un équipement ou un événement familial, sans passer par une banque. Elles sont particulièrement développées chez les femmes commerçantes et dans les groupements.

L’entraide aux champs

Défrichage, buttage des ignames, récoltes : les grands travaux agricoles se font souvent en groupe. Les membres d’une association de travail se relaient d’un champ à l’autre. Ce système permet d’accomplir en un jour ce qu’une famille seule mettrait des semaines à réaliser, tout en renforçant les liens entre voisins.

Les funérailles : un devoir collectif

Les funérailles occupent une place centrale dans la culture akan. Elles honorent le défunt, réunissent la famille dispersée et réaffirment l’unité du lignage. Leur organisation mobilise toute la communauté :

  • cotisations de la famille, des ressortissants et des associations ;
  • accueil des visiteurs, repas, hébergement ;
  • cérémonies, chants et danses.

Le coût croissant des funérailles fait débat dans de nombreuses familles. Beaucoup plaident pour des cérémonies plus sobres, qui gardent le sens profond du rite sans mettre les familles en difficulté.

Femmes en tenue de deuil lors de funérailles akan
Funérailles akan : un moment où toute la communauté se mobilise.
Photo : Kwameghana(Bright Kwame Ayisi) / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

Quand la tradition rencontre le numérique

Les formes de solidarité évoluent :

  • Mobile money pour les cotisations et les transferts ;
  • Groupes WhatsApp pour informer et mobiliser les membres, au village comme en diaspora ;
  • Coopératives et mutuelles plus structurées, avec des statuts écrits.

Ces outils facilitent l’organisation, mais rappellent aussi l’importance de règles claires : registres tenus à jour, responsables désignés, comptes rendus réguliers. C’est la confiance qui fait vivre la solidarité.

À lire aussi : Société et diaspora du peuple Abron et comment la diaspora finance le développement des villages.

Photo de couverture : Kamara kolo rachelle / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

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